Je ne vais pas vous mentir : je n’ai jamais vu Blade Runner. Du moins je ne l’ai jamais vu en entier. Je ne sais pas ce qu’il y a avec ce film mais je ne parviens jamais à le regarder jusqu’au bout. Il y a comme une malédiction autour de ce film.
La première fois que j’ai voulu le regarder, j’ai été contraint d’interrompre la lecture à cause d’une mauvaise nouvelle au téléphone (nous avions loué un appartement pour nos vacances à New-York qui s’était avéré être une arnaque, et nous avions donc dû rester à l’hôtel pendant 10 jours). C’était il y a deux ans. Et je n’avais plus eu du tout l’envie de remettre le film en route, je l’avoue. Mais comme les chutes de cheval, peut-être aurait-il mieux valu que je remonte en selle tout de suite.
Depuis, j’ai essayé par trois fois de me le farcir, et à trois reprises … je me suis endormi.
J’entends déjà les fans ultimes hurler au scandale, lancer une fatwah-geek sur mon nom et vociférer des imprécations cthoniennes et indicibles en sacrifiant sur l’autel de la science-fiction de petites poupées à mon effigie (achetées chez Album, deux pour le prix d’une). Oui, désolé, je m’endors devant Blade Runner. C’est un vrai scandale.
Le pire, c’est que je me doute que je loupe quelque chose. Je subodore le chef-d‘œuvre. J’ai le sentiment de passer à côté d’un monument du cinéma. Et pourtant, impossible de résister à la douce attraction des bras de Morphée. Je viens d’essayer pour la troisième fois tout à l’heure (ok, j’étais sur mon canapé, dans le noir, allongé sous une couverture en laine polaire vraiment très douce, et j’avais mangé un Kinder qui pesait sur mon estomac, les conditions n’étaient pas optimales, je le concède ) et malgré tous mes efforts, je n’ai pas pu dépasser la scène où Harrison Ford se fait confier l’enquête. Oui, c’est au bout de dix minutes, parfaitement.
Pourtant, j’ai vraiment essayé.
Mais il y a quelque chose dans le rythme de ce film qui provoque en moi une douce et agréable somnolence. Ou peut-être que c’est la couleur. Ou la musique de Vangelis (j’ai vraiment du mal avec Vangelis mais je fais un effort au nom de la culture cinématographique). Ou alors est-ce que c’est l’absence de voix-off ? Il paraît qu’il y a une version avec voix off que Ridley Scott a bannie à tout jamais dans les entrailles du monstre : ceci dit, on sent que le film est un peu.. silencieux… Honnêtement, il ne se passe pas grand-chose, non ? (ici, introduire les hurlements sauvages et presque simiesques de la foule prise d’un délire meurtrier dirigé vers l’auteur de ces mots)
Pourtant, c’est la director’s cut. Ce doit être la meilleure version, non ?
Parce que la Julien’s cut, elle n’est pas terrible. Elle commence avec les dix premières minutes du film et ensuite, il y a des extraits pris au hasard des ouvertures de paupières, à peu près toutes les cinq minutes. C’est une version assez expérimentale, pas très construite, presque abstraite, mais elle a le mérite de reposer les yeux. Et elle ne dure que quinze minutes.
Je vais proposer à la Warner si elle veut introduire ma version lors de la prochaine édition en DVD. Ça peut intéresser les puristes et les fans avides de nouveauté, non ?
Bon, en attendant la prochaine tentative.
Je le promets, je le jure, j’y arriverai un jour.































Moi non plus, je n’ai jamais vu Blade Runner. Je le crie haut et fort. Et je ne peux même pas me justifier en tentant de dire que je me suis endormie après une journée de travail assommante. Bouuuuuuuuuh!!!! Bouuuuuuuuuh!!!!!
Sacrilège ! Mécréant !
Non je plaisante, il m’arrive moi aussi de m’endormir devant des chefs d’ouvres, c’est humain
Fais-toi un bon café bien tassé et remets-y toi, allez, hop, hop ,hop…
Ça vaut vraiment le coup !
Je l’ai vu il y a quelques années, ça m’avait plu, mais honnêtement, je n’en garde pas plus de souvenirs que ça…A priori, tu n’as rien manqué de fondamental (mais cet avis est totalement subjectif, puisque donné en fonction de mes goûts).Au lieu de prendre un café, va plutôt te coucher…
Alors voilà moi ce que je retiens c’est que c’est pas de ta faute mais celle du Kinder;) Et aussi qu’il faut que je prenne la défense de Vangelis dont j’adore la musique dans « les chariots de feu ».
moi je l’avais vu à l’école et je n’avais pas aimé du tout mais si je me souviens bien, le rythme du film était assez lent et c’est sans doute ça qui ne m’a pas plu.
ps : je suis en train de lire « le chemin du retour »!
Cher ami, rassure-toi! Tu n’es pas seul dans ce cas-là. Je n’ai pas vu ton fameux film, ni les Shreks, ni Pirates des caraïbes, ni le dernier Tarantino… tu te doutes alors, quand tu lis ces lignes, que ton cas est moins désespéré que le mien.
c’est pas grave, tous les films de la décennie suivante l’ont repompé jusqu’au sang.
tu l’as déjà vu sans l’avoir vu.
» J’ai vu tant de choses que vous autres humains ne verrez jamais, les rayons d’Orion illuminant le firmament…. les chariots de feu qui sortent des Portes de Tannhauser…. Tous ces souvenirs vont s’en aller , comme les larmes qui coulent sous la pluie. Et tout ce qui reste à faire , c’est mourir… »